Processus électoral en RDC: la CENI met en vitrine le centre « Bosolo » à travers un documentaire sur la transparence des résultats

La Commission électorale nationale indépendante (Céni) a procédé, ce lundi 25 Mai à Kinshasa, à la projection officielle d’un film documentaire consacré au Centre électoral « Bosolo », baptisé « La vérité des urnes à visage découvert ». L’événement, organisé au Silikin Village, a réuni acteurs politiques, journalistes ainsi que des observateurs nationaux et internationaux.

D’une durée d’environ vingt minutes, ce documentaire retrace les étapes clés de la mise en place de ce dispositif présenté comme un levier majeur de transparence dans la gestion des scrutins en République démocratique du Congo.

Denis Kadima, Président de la Céni

Dans son allocution introductive, le président de la Céni, Denis Kadima, a insisté sur la nécessité d’inscrire l’organisation des élections dans une logique de cycle continu.

« L’élection doit se gérer en termes de cycle. Le cycle prochain commence à la fin du cycle précédent. Chez nous, on attend souvent 18 mois, deux ans, et tout le monde oublie. Quand il y a des ratés, on regarde les gestionnaires des élections », a déclaré le président de la Centrale électorale. », a-t-il expliqué.

Revenant sur la prise de fonctions de son équipe en octobre 2021, Denis Kadima a évoqué un diagnostic initial marqué par une profonde défiance à l’égard de l’institution électorale. Parmi les faiblesses identifiées figurait notamment l’opacité dans la publication des résultats, souvent agrégés et diffusés avec retard à l’échelle nationale.

Pour corriger ces lacunes, le president de la Céni affirme avoir mis en œuvre un dispositif en deux volets.

Le premier repose sur l’application stricte des dispositions légales imposant la publication détaillée des résultats, bureau de vote par bureau de vote, via sa plateforme numérique. Une démarche qui, selon Denis Kadima , renforce la traçabilité et la vérifiabilité des données électorales.

Le second pilier est incarné par le Centre électoral « Bosolo », conçu comme un espace de centralisation et de diffusion progressive des résultats, territoire par territoire, en présence des parties prenantes.

« Nous avons ouvert le processus au regard public, en invitant partis politiques, candidats, médias et observateurs. La transparence était totale », a souligné Denis Kadima.

Selon lui, ce mécanisme aurait contribué à réduire significativement les tensions post-électorales en mettant fin aux pratiques de publication parallèle des résultats, fréquemment observées lors des cycles précédents.

Le bureau de la Céni posant avant les professionnels des medias pour la photo de famille.

« L’information officielle étant disponible en continu, les tentatives de manipulation ont perdu de leur impact », a-t-il affirmé.

Sur le plan institutionnel, la Céni revendique également une reconnaissance accrue à l’échelle régionale, avec sa participation aux instances de coordination électorale en Afrique australe et centrale.

Abordant les critiques relatives à la durée des opérations de vote et au taux de participation, le président de la Céni a rejeté toute accusation de manipulation des chiffres. Il a rappelé que le taux de participation enregistré lors des scrutins de 2023 se situait autour de 42 à 43 %, estimant qu’un éventuel trucage aurait produit des niveaux artificiellement plus élevés.

Au-delà de sa portée communicationnelle, ce documentaire se veut, selon le patron de la centrale électorale, un outil de mémoire institutionnelle et de redevabilité. « Il ne s’agit pas d’un exercice d’autopromotion, mais d’un témoignage sur les progrès réalisés depuis 2006. Le processus électoral est une responsabilité collective », a conclu Denis Kadima.

Réalisé par l’équipe de communication de la Céni, ce film s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer la confiance du public dans les mécanismes électoraux en RDC.

Yosh

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