Union sacrée : le député Yangotikala exclu de sa formation politique après sa motion contre Jacquemain Shabani

La démarche de contrôle parlementaire initiée par Laddy Yangotikala contre le Vice-Premier ministre de l’Intérieur provoque une onde de choc au sein de la majorité. Entre sanctions politiques et détermination personnelle, le bras de fer est engagé.

 Rien ne va plus au sein de l’Union sacrée. La motion de défiance visant le patron de la sécurité nationale, Jacquemain Shabani, a déclenché une crise ouverte. L’initiateur de cette démarche, le député national Laddy Yangotikala, a été officiellement suspendu par son regroupement politique, « Dynamique Agissons et bâtissons » (AB), dirigé par le président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde.

La solidarité de camp avant le contrôle parlementaire

Le regroupement AB reproche à l’élu de Kisangani d’avoir rompu la « règle de solidarité » qui lie les membres de la plateforme présidentielle. En se désolidarisant publiquement de son initiative, la formation politique tente de protéger la cohésion du gouvernement Suminwa.

Pourtant, malgré cette exclusion qu’il dit accepter « sportivement », Laddy Yangotikala reste inflexible. Sur ses réseaux sociaux, il a tenu à clarifier sa position : « Je prends acte de mon exclusion. Je remercie le président Sama de me permettre d’être libre d’exercer mon pouvoir de contrôle. Je n’ai fait que demander au VPM de protéger les électeurs du Président. »

L’insécurité galopante au cœur du grief

Pour justifier sa volonté de déchoir le ministre de l’Intérieur, le député pointe du doigt une situation sécuritaire qu’il juge alarmante à travers le pays. Il cite notamment Beni, Kisangani, Lubumbashi, Boma et Moanda comme des zones critiques où la criminalité urbaine et l’insécurité se généralisent.

Outre le bilan sécuritaire, la motion — qui aurait recueilli près de 60 signatures — s’appuie sur des accusations graves notamment l’entrave au contrôle parlementaire, l’atteinte à la séparation des pouvoirs et l’abus d’autorité à des fins partisanes.

Pressions et retrait de signatures : une issue incertaine

Comme pour la motion visant Alexis Gisaro en 2024, les pressions politiques s’accentuent. Plusieurs députés auraient déjà commencé à retirer leurs signatures sous la pression de leurs états-majors respectifs.

Toutefois, Laddy Yangotikala refuse de parler de défaite : « Qu’on ne vous trompe pas. Ma motion n’a pas été retirée. Nous irons jusqu’au bout », a-t-il martelé ce mercredi. Reste à savoir si cette motion franchira l’étape du bureau pour être débattue en plénière, ou si elle subira le même sort que les précédentes initiatives de contrôle restées sans suite.

Yosh

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