Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a réaffirmé, lors de la Conférence humanitaire sur la région des Grands Lacs tenue à Paris, que la paix ne saurait être durable tant qu’une partie du territoire congolais restera sous occupation étrangère.
« Ma troisième demande concerne l’alignement politique. J’appelle chaque partenaire, chaque État et chaque organisation régionale ou internationale à soutenir l’application effective de la Résolution 2773 du Conseil de sécurité, et à exiger clairement et sans ambiguïté le retrait de l’AFC/M23 et des forces étrangères du territoire congolais. Toute paix durable commence par la fin de l’occupation d’une partie du territoire congolais. Sur ce point, il ne peut y avoir ni double langage ni compromis moral », a déclaré le chef de l’État congolais.
Une situation humanitaire alarmante dans l’Est du pays
Le président Tshisekedi a dressé un tableau sombre des atrocités commises dans les zones occupées par l’armée rwandaise et ses supplétifs du M23 : massacres, viols, déplacements massifs et drame humanitaire sans fin. Il a insisté sur la nécessité d’établir la vérité et de rendre justice aux victimes.
« Derrière chaque statistique, il y a un enfant dormant sous une bâche, une mère ayant fui sans rien emporter sinon la main de son enfant, une communauté qui refuse de mourir parce qu’elle croit encore en la paix chez elle », a-t-il rappelé.
Avant d’ajouter :« Ce que nous demandons, c’est la vérité, la justice et la paix – une paix durable. La RDC assume ses responsabilités. Nous demandons à nos partenaires de prendre les leurs ».
Trente ans de conflit et de souffrances
Félix Tshisekedi a souligné que la crise qui déchire l’Est du Congo depuis plus de trois décennies n’est pas un épisode passager, mais une tragédie prolongée ayant déplacé des millions de personnes et détruit le tissu social.
« Depuis plus de trente ans, l’Est de la RDC saigne d’une plaie jamais refermée. Des millions de femmes, d’hommes et d’enfants ont été contraints à fuir les violences, notamment dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu », a-t-il rappelé.
Appel à une aide humanitaire urgente et durable
Sur le plan humanitaire, le président congolais a plaidé pour la mise en place immédiate de corridors sécurisés afin de faciliter l’acheminement de l’aide aux populations déplacées.
« Ma première demande concerne l’accès humanitaire immédiat, sécurisé et garanti. Nous avons besoin en urgence de voies sûres pour acheminer soins, nourriture, eau, abris et soutien psychologique », a-t-il souligné.
Il a également demandé un financement additionnel et durable pour répondre aux besoins vitaux : santé d’urgence, sécurité alimentaire, abris pour les déplacés, protection des survivantes de violences sexuelles et accès à l’eau potable.
« Ce financement ne doit pas être perçu comme une aide ponctuelle, mais comme un investissement pour éviter l’effondrement humanitaire d’une région stratégique pour la paix du continent », a-t-il conclu.
Tensions persistantes sur le terrain
Mercredi, les Forces armées de la RDC (FARDC) ont accusé le M23 et l’armée rwandaise de renforcer leurs positions dans les zones sous occupation, au lieu de se retirer du territoire congolais comme l’exige la communauté internationale.
Yosh
