
Une fois de plus, le sport congolais vient de livrer un spectacle désolant sur la scène africaine.
Les Léopards basket-ball homme, battu sans gloire face au Lions indomptables du Cameroun et éliminé en phase de groupe de l’Afrobasket 2025, ont suivi la même trajectoire que leurs homologues, de football éliminé prématurément du Championnat d’Afrique des Nations (CHAN) 2025.
Deux compétitions, deux fiascos, un même constat : la défaillance totale du système sportif en République démocratique du Congo.
Au lieu de tirer les leçons des échecs répétés depuis plusieurs années déja, les dirigeants persistent dans une logique aussi incompréhensible que contre-productive.
Tandis que le championnat national de la Linafoot survit dans la précarité pour ne pas dire reste inexistant depuis plusieurs année, sans financement ni organisation digne de ce nom, le gouvernement préfère dépenser des millions dans des contrats de visibilité avec des clubs européens.

Une stratégie d’affichage qui flatte l’ego de quelques décideurs, mais qui n’apporte rien à la formation, à la compétitivité ni au rayonnement réel du sport congolais.
Car la vérité est crue : nos athlètes arrivent aux compétitions sans préparation sérieuse, ni matches amicaux de qualité, ni encadrement adapté. On leur demande de défendre les couleurs nationales sans outils, sans plan, sans vision. Les résultats ne surprennent donc personne, si ce n’est ceux qui refusent de voir l’évidence.
Le capitaine Mika Miché, habituellement discret, a brisé le silence aux vestiaires, dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, après la défaite contre le Maroc (1-3) signe d’élimination du CHAN:
« Même si nous ne serons plus là, aidez ces jeunes joueurs. Il y a de la souffrance ici. On ne peut plus continuer comme ça, ce n’est pas digne d’une équipe nationale. la préparation est toujours mal organisée et démarre en retard. Nous devons tous bénéficier des mêmes privilèges. »a-t-il décrié.
Le sport, pourtant, un vecteur d’unité et un miroir du développement d’un pays, en RDC, il est réduit à une vitrine politique.
À défaut de nourrir un véritable projet sportif, on alimente une illusion : signer avec un club étranger pour dire que la RDC “participe” à la modernité, alors que les terrains locaux tombent en ruine et que les jeunes talents sont livrés à eux-mêmes.
L’heure n’est plus aux promesses, encore moins aux slogans. Si la RDC veut retrouver sa place en Afrique et dans le monde, elle doit commencer par financer son propre championnat, structurer ses fédérations, encadrer ses athlètes et bâtir une vision durable. Tout le reste n’est que poudre aux yeux.
En sport comme ailleurs, on ne triche pas avec le travail et la préparation. Les défaites des Léopards ne sont pas le fruit du hasard : elles sont le reflet d’un système malade, que seule une réforme courageuse et sincère pourra sauver.
Yosh
