
Le procès historique impliquant l’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila Kabange, s’est ouvert ce vendredi 25 juillet 2025 devant la Haute Cour militaire, dans une atmosphère lourde de symboles, mais marquée par l’absence de l’accusé et de ses avocats.
Malgré cette absence notable, le ministère public a procédé à la lecture des charges graves retenues contre le sénateur à vie. Selon Jeanne-Françoise Ngalula Mpiana, greffière en chef de la juridiction militaire, Joseph Kabila est poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation, notamment participation à un mouvement insurrectionnel, trahison, crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité, viol, torture, déportation, homicide volontaire par arme à feu, apologie du crime et occupation violente de la ville de Goma.

Après une heure d’échanges essentiellement techniques, centrés sur les questions de procédure, l’audience a été levée à la demande des avocats de la partie civile, qui ont sollicité un délai supplémentaire pour mieux analyser les éléments du dossier.
Le ministre intérimaire de la Justice, Samuel Mbemba, présent à l’ouverture, a insisté sur l’indépendance de la justice face aux pressions politiques.
« La justice ne négocie pas, elle ne dialogue pas, et son agenda n’est pas dicté par le calendrier politique. C’est notre devoir, en tant que ministère, d’accompagner les avocats mandatés pour représenter la République », a-t-il déclaré.
Parmi les observateurs présents, Me Clément Munza, avocat congolais non impliqué dans l’affaire, a assisté à l’audience en tant que citoyen engagé.
« Le pays traverse une période critique. C’est le moment de rassembler nos intelligences pour penser à l’avenir. Ce procès est certes juridique, mais il engage aussi notre responsabilité collective », a-t-il souligné.

Du côté de la partie civile, le bâtonnier Kalengi a justifié la demande de remise par la nécessité d’un examen approfondi du dossier : «La RDC est un État de droit. On ne peut pas plaider à l’aveugle. Nous devons prendre connaissance des pièces pour pouvoir agir de manière responsable. »
La prochaine audience est fixée au jeudi 31 juillet 2025, date à laquelle les débats pourraient véritablement entrer dans le vif du sujet.
Yosh
