La démission de Véron Mosengo-Omba de son poste de Secrétaire général de la Confédération africaine de football (CAF), survenue le jour même de l’expiration de son mandat, ne manque pas de susciter des interrogations. Entre stratégie de sortie et fin de cycle, ce départ soulève un débat de fond sur la gouvernance du football continental.
Une sortie de piste tardive
Est-il concevable, pour une institution de l’envergure de la CAF, de voir son plus haut responsable administratif déposer sa lettre de démission à la douzième heure ? Si cette démarche visait à apaiser les tensions ou à prévenir les controverses, une transition anticipée aurait sans doute été plus responsable. Ce timing, perçu par certains comme une mise en scène peu convaincante, laisse planer un doute sur les réelles motivations de ce retrait soudain.
Le miroir déformant de la FECOFA
Alors que la CAF est secouée par des débats internes sur la limite d’âge et la rigueur de gestion, la question de la répercussion de ce départ sur la Fédération congolaise de football association (FECOFA) se pose avec acuité.
Peut-on logiquement rejeter le principe de continuité au niveau continental pour des raisons de renouvellement, tout en envisageant un rôle actif sur l’échiquier national ? La cohérence de vision devient ici un impératif : on ne peut prôner la réforme au Caire et maintenir l’immobilisme à Kinshasa.
L’exigence d’un renouveau congolais
Le football congolais traverse une période charnière qui exige une gouvernance moderne, transparente et résolument tournée vers l’expertise. Il est impératif de rompre avec les méthodes d’hier pour laisser place à une nouvelle génération de dirigeants :
• Compétence technique plutôt que clientélisme.
• Intégrité morale face à la gestion opaque.
• Vision stratégique pour sortir le sport roi de l’ornière.
L’heure n’est plus aux compromissions. Le départ de Mosengo-Omba de la CAF doit servir de signal : le football africain, et congolais en particulier, a soif d’un renouveau authentique.
Par Ephraim Kezza
