CAF : Fin de règne controversée pour Véron Mosengo-Omba, une succession sous tension

La page se tourne à la Confédération africaine de football (CAF). Après plusieurs années à la tête du secrétariat général, Véron Mosengo-Omba s’apprête à quitter officiellement ses fonctions le 29 mars 2026, marquant la fin d’un mandat aussi marquant que controversé.

Nommé en mars 2021, le dirigeant helvéto-congolais aura piloté l’administration de l’instance faîtière du football africain dans un contexte souvent agité. Si, officiellement, son départ est lié à l’atteinte de la limite d’âge (dépassée depuis octobre 2025), cette sortie intervient surtout dans un climat de fortes tensions internes.

Une gestion contestée et une crise institutionnelle

Au fil des mois, la gouvernance de Mosengo-Omba a cristallisé les critiques. Plusieurs décisions majeures — notamment des nominations et des restructurations au sein de l’administration — auraient été prises sans la validation préalable du Comité exécutif, au mépris des statuts de la CAF.

Cette centralisation du pouvoir a plongé l’institution dans une crise profonde, exacerbée par des audits et rapports internes pointant d’importants dysfonctionnements. Signe de la gravité de la situation : certains litiges administratifs pourraient bien se régler devant le Tribunal arbitral du sport (TAS). Progressivement isolé, le secrétaire général avait perdu la confiance d’une large frange des décideurs africains, rendant son départ inéluctable.

En coulisses, la FIFA s’est activée pour organiser sa sortie en lui cherchant un point de chute, notamment du côté de la Fédération congolaise de football association (FECOFA). Une démarche qui n’a fait qu’alimenter les critiques récurrentes sur l’ingérence de l’instance zurichoise dans les affaires du football africain.

Alors que la CAF s’apprête à ouvrir un nouveau chapitre, la bataille pour la succession est déjà lancée. Deux profils majeurs se détachent :

• Samson Adamu : L’actuel directeur des compétitions de la CAF. Il bénéficie d’un solide ancrage interne et d’une maîtrise parfaite des rouages de l’institution.

• Gelson Fernandes : Soutenu par la FIFA, l’ancien international suisse incarne une option externe qui suscite toutefois des réserves.

Plusieurs présidents de fédérations africaines redoutent un scénario à la « Mosengo-Omba », lui-même parachuté de Zurich en 2021 avec la bénédiction de Gianni Infantino.

Le départ de Véron Mosengo-Omba dépasse le cadre du simple changement de personnel. Il place la CAF face à ses vieux démons et à des défis structurels majeurs : gouvernance, transparence financière et souveraineté politique.

Le choix du prochain secrétaire général sera déterminant. Il devra non seulement pacifier l’institution et restaurer la confiance, mais aussi redéfinir — d’égal à égal — les relations entre le football africain et ses partenaires internationaux. Une chose est certaine : l’après-Mosengo-Omba s’annonce décisif.

Par Ephraim Kezza

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