Sécurité : le commissaire principal Mboso Kazadi Junior démissionne et dénonce des dérives au sein de la police

´Coup de tonnerre au sein de la Police nationale congolaise (PNC). Le commissaire principal Mboso Kazadi Junior, numéro deux (S2) de la Légion nationale d’intervention, a annoncé sa démission dans une vidéo diffusée depuis son bureau.

Fils de Christophe Mboso N’Kodia Pwanga, deuxième vice-président de l’Assemblée nationale, il a choisi de rompre le silence en formulant de graves accusations contre l’institution policière.

Dans son message, Mboso Kazadi Junior explique que sa décision n’est pas anodine, mais résulte de constats accablants sur le fonctionnement interne de la PNC.

« Je démissionne par rapport à tout ce que je découvre dans cette police. Le chef de l’État veut le changement, mais les choses ne changent pas. L’insécurité qui règne dans cette ville de Kinshasa est une affaire dramatique », a-t-il déclaré, manifestement amer.

Des accusations de blocage et de favoritisme

Le désormais ex-officier, meme si ce derniers affirme que sa lettre déposée ne sera pas acceptée, critique une organisation où les compétences ne sont pas valorisées. Selon lui, les postes clés sont occupés non pas par des profils capables d’apporter des solutions, mais par des personnes sans expertise réelle.

« Dans cette police on ne veut pas donner du travail à ceux qui veulent vraiment mettre fin à ces criminalités. On ne veut pas donner les fonctions à ceux qui ont cette capacité mais on laisse fonctionner la police avec des gens qui ont nullement les capacités de résoudre ce fléau », déplore-t-il.

Une alliance trouble entre policiers et criminels

Plus grave encore, Mboso Kazadi Junior accuse certains agents de collaborer avec les réseaux criminels, transformant ainsi l’institution en un complice indirect des violences urbaines.

« Les criminels aujourd’hui sont en puissance à Kinshasa comme un peu partout dans la République, suite à leur alliance faite avec la police. Les policiers les protègent », a-t-il dénoncé, soulevant un scandale potentiel.

Estimant ne plus pouvoir cautionner de telles pratiques, il dit avoir choisi de se retirer pour préserver sa conscience et son intégrité.

« Je démissionne pour ne pas participer à ce que moi j’appelle un génocide. Je préfère retourner à la vie civile et me consacrer à autre chose », a-t-il affirmé.

Enfin, l’officier met en cause la chaîne de commandement elle-même, accusant certains subalternes de fausser les informations destinées au commandement de la PNC.

« Le numéro un de la police ville de Kinshasa, le général Alongabony, a donné la marche à suivre, mais toutes les données qui lui sont remises sont erronées », a-t-il révélé.

Contexte sécuritaire préoccupant

Cette démission retentissante intervient dans un climat marqué par une montée inquiétante de la criminalité en République démocratique du Congo. Dans la capitale comme dans plusieurs grandes villes, les populations dénoncent une recrudescence des attaques armées, des braquages, des kidnappings et des violences urbaines. Selon les statistiques des ONG locales de défense des droits humains, le taux de criminalité urbaine à Kinshasa a augmenté de plus de 35 % entre 2021 et 2024, et reste en progression cette année.

Si les propos de Mboso Kazadi Junior venaient à être confirmés, ils pointeraient vers une crise de gouvernance profonde au sein de la police congolaise, alors que la demande sociale pour plus de sécurité n’a jamais été aussi pressante.

Yosh

Partager

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *