Une situation préoccupante mine l’Inspection Générale du Travail en République Démocratique du Congo, où des tensions de plus en plus vives opposent les anciens inspecteurs aux nouveaux agents récemment recrutés.
Ces derniers, déterminés à exercer leur mission dans le respect de la loi et de l’éthique professionnelle, sont confrontés à des actes d’intimidation, voire à des agressions physiques, de la part de certains anciens inspecteurs déterminés à conserver un système corrompu de protection d’employeurs indélicats.
Des faits graves ont récemment été signalés, notamment dans la commune de Limeté à Kinshasa, lors d’une missions de contrôle menées dans le cadre de la réforme de l’inspection du travail. Des inspecteurs de la nouvelle génération, ayant osé remettre en cause les pratiques douteuses de leurs prédécesseurs, ont été violemment pris à partie. L’un d’eux affirme avoir été agressé physiquement après avoir dénoncé au près de son supérieur, un ancien inspecteur qui protégerait un patron d’entreprise soupçonné de multiples violations du Code du travail.

« Ko kota na bilanga na nga te », aurait lancé l’ancien inspecteur à son jeune collègue – une expression en lingala qui signifie littéralement « ne viens pas dans mes champs », suggérant que l’entreprise concernée était son « territoire privé ». L’inspecteur agressé aurait saisi la justice après avoir soumis un rapport circonstancié à sa hiérarchie.
De nombreux témoignages anonymes, parvenus à notre rédaction, font état d’un climat de peur et d’obstruction qui règne au sein de l’inspection générale du travail dans plusieurs provinces du pays. Les nouveaux inspecteurs font face à des tentatives d’intimidation systématiques lorsqu’ils tentent d’accéder à certaines entreprises, devenues, selon eux, des zones « intouchables », protégées par des anciens inspecteurs impliqués dans des pratiques de racket et de production de rapports complaisants au profit d’employeurs peu scrupuleux.
« Il est très difficile pour nous de mener à bien nos missions de contrôle de la main-d’œuvre nationale et étrangère conformément à la loi. Plusieurs noms reviennent régulièrement dans différents établissements, entrepôts et entreprises. Ce sont toujours les mêmes anciens inspecteurs que les employeurs brandissent comme des garants de leur impunité », confie inspecteur qui a requis l’anonymat.

Cette situation compromet non seulement l’efficacité des réformes engagées par le ministère du Travail, mais entache également la crédibilité de l’ensemble de l’institution. Les travailleurs congolais, déjà victimes d’abus fréquents dans de nombreuses entreprises, sont les premiers à faire les frais de cette guerre d’influence interne.
Des voix s’élèvent pour réclamer des sanctions exemplaires à l’encontre des inspecteurs impliqués dans ces dérives. Des experts en gouvernance appellent par ailleurs à une restructuration en profondeur de l’Inspection Générale du Travail, afin de restaurer l’intégrité, l’indépendance et la mission première de cette institution essentielle à la protection des droits des travailleurs en République Démocratique du Congo.
Ces vaillants inspecteurs du travail issue de la nouvelle génération restent déterminé et assurent que le combat pour une inspection du travail libre, juste et au service de l’intérêt général est loin d’être terminé.
Il sied de noter que depuis près de deux semaines l’inspection générale du travail a déployé ses agents et contrôleur pour une mission de contrôle dans les différents établissement.
YOSH
