Sous l’impulsion du ministre des Finances, Doudou Fwamba Li-Botayi, le gouvernement congolais passe à la vitesse supérieure dans la modernisation de ses infrastructures régaliennes. Annoncé le vendredi 27 mars 2026 à Bandundu-Ville lors de la 84e réunion du Conseil des ministres, le Programme accéléré d’investissements pour la modernisation des services douaniers (PMOD) promet de transformer radicalement la gestion frontalière de la RDC.
Une muraille technologique contre la fraude
L’objectif est clair : boucher les trous d’air du Trésor public. Le PMOD prévoit dote la Direction générale des douanes et accises (DGDA) d’un arsenal technologique de pointe. Pour contrer la fraude et les intrusions systémiques, le gouvernement mise sur :
• Des scanners de dernière génération pour le contrôle des marchandises ;
• Des systèmes de communication satellitaire pour une connectivité permanente ;
• Des radars sophistiqués pour une surveillance accrue des zones frontalières.
Un financement innovant de 300 millions USD
Pour cette première phase, l’État congolais ne fait pas cavalier seul. Un prêt syndiqué de 300 millions de dollars américains a été mobilisé grâce à un consortium de quatre géants bancaires : EquityBCDC, FBN Bank, Standard Bank et Ecobank.
La particularité du montage financier réside dans sa garantie : elle s’appuie sur la Redevance Rémunératoire Informatique (RRI). Ce mécanisme permet de sécuriser le remboursement sans peser directement sur le budget général, assurant ainsi la pérennité de l’investissement.
Cap vers un partenariat avec les Émirats
Le gouvernement voit déjà plus loin. Alors que la première phase se déploie sous la supervision de l’Unité de gestion du projet (UGP-Mod), une seconde étape est en préparation. Celle-ci devrait prendre la forme d’un partenariat public-privé (PPP) avec un consortium émirati, visant à parachever la transformation numérique de l’administration douanière.
En alliant transparence et efficacité technologique, le PMOD ne se contente pas de moderniser des bureaux : il s’impose comme un levier stratégique pour la souveraineté économique et la sécurité du territoire national.
Par Ephraim Kezza
