KINSHASA, 22 mars 2026 – La session ordinaire de mars s’ouvre sous haute tension au Palais du Peuple. Entre dossiers diplomatiques brûlants et remous au sein de son bureau, la Chambre haute du Parlement a officiellement adopté, ce samedi, son calendrier de travaux. Une adoption à l’unanimité qui cache pourtant des débats de fond sur la méthode de travail du « Speaker » Jean-Michel Sama Lukonde.
Des enjeux géopolitiques majeurs
Le Sénat ne se contentera pas de gérer les affaires courantes. Le calendrier dévoilé place la RDC au cœur d’enjeux internationaux cruciaux avec deux textes majeurs :
• La ratification de l’accord de paix entre le Rwanda et la RDC, un dossier sensible qui sera scruté de près par l’opinion publique.
• L’accord stratégique économique avec les États-Unis, censé redéfinir les partenariats commerciaux du pays.
Outre ces textes, la session accordera une place importante au contrôle parlementaire et à l’examen des rapports de vacances des élus, rentrés de la base le 14 mars dernier.
La controverse du calendrier « indicatif »
Si le calendrier a été validé, la forme a fait grincer des dents. Lors du débat général, plusieurs sénateurs ont fustigé le caractère trop « élastique » du document présenté. Pour ces élus, le manque de précision sur les arriérés législatifs et les nouvelles matières nuit à la prévisibilité du travail parlementaire.
Face à ces critiques, Sama Lukonde a joué la carte de la souplesse. Invoquant l’article 75 du règlement intérieur, il a justifié cette approche par la nécessité de rester ouvert aux initiatives parlementaires spontanées. « L’inscription des matières se fera en fonction de leur maturité », a-t-il argué, rassurant ainsi une plénière initialement sceptique.
Le séisme Bahati Lukwebo : la fin d’une ère ?
L’autre moment fort de cette plénière fut l’officialisation d’une rupture au sommet. Le Sénat a pris acte de la démission de son deuxième vice-président, Bahati Lukwebo.
Cette sortie par la petite porte fait suite à une pétition de déchéance initiée le 16 mars par le sénateur Danny Kabongo. Bien qu’une commission spéciale ait été mise en place pour examiner le dossier, le ténor de la politique congolaise a préféré devancer les conclusions des « sages » en quittant son fauteuil. Un départ qui redistribue les cartes au sein du bureau et laisse présager une élection partielle imminente.
